Le plein d’indie rock

Québec, le 2 mars 2013

Arkells, The Postelles et Fields of Green
@ Le Cercle

Ce samedi, le Cercle offrait le plein à 20$. Un billet vert pour une dose d’indie rock pour vous faire tenir sur des kilomètres.

Une soirée qui débute avec Fields of Green, un jeune groupe de Colombie-Britannique qui ne cède pas aux prétentions des blogueurs annonçant pour cette année la mort de la guitare. Un son bien senti, particulièrement efficace lorsque dans le tapis, classé par le groupe sous la rubrique psych rock. Personnellement, je leur trouve des influences très variées: résolument rock, souvent anthemic à la Muse, frôlant parfois le glam rock, infusant même une touche de grunge. Prometteurs les jeunes hommes.

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Fields of Green… de jeunes pousses prometteuses

Montent ensuite sur scène les new-yorkais The Postelles, au chanteur au mojo presque trop confiant. Le groupe donne dans un style plus pop rock, assez vintage à la Rolling Stones, et souvent un peu bonbon, à la Monkeys. La prestation est énergique, bien exécutée, sans toutefois être particulièrement originale.

The Postelles... un petit air rétro.

The Postelles… un petit air rétro.

Les vedettes de la soirée sont Arkells, vus en première partie de Metric en 2010 et sacrés meilleure première partie de l’année dans ma chronique annuelle des Faves. Le groupe m’avait alors impressionnée par sa capacité à énergiser la foule.

En trois ans, le groupe a eu le temps de sortir un second album, Michigan Left. Un album qui navigue dans des eaux beaucoup plus pop que le premier Jackson Square. Si le choix rapporte en général (à preuve un prix Juno), les pièces plus récentes me rejoignent moins personnellement, à l’exception faite de Whistleblower.

Le chanteur Max Kernan est hyperactif est plutôt charmeur, dans le style joufflu à la Dan Mangan, très populaire auprès des dames, semble-t-il, à en juger par le changement de foule aux premières rangées lors de l’entracte. Anthony Carone au piano a des moments de génie, et tout le groupe a pour unique visée de faire lever le party. Si bien que la performance tombe parfois un peu dans l’excès, celui des musiciens de mariage et des bands de cover, un monde où Rock the Casbah est une ressource fiable pour remplir la piste de danse. Si ce genre d’incursion frôle le quétaine, les covers insérés dans les pièces originales sont plus intéressants, ne serait-ce que par l’effet de surprise: Hey Ho Let’s Go dans Pullin Punches? Pourquoi pas?

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The Arkells…tout pour le spectacle.

À lire aussi sur ce blogue:

Great expectations, met: ma première rencontre avec Arkells, en ouverture de Metric en avril 2010.

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La madame qui chante mal

Québec, le 22 février 2013

Lisa LeBlanc et Garoche ta sacoche
@ Théâtre Petit Champlain

Attendez que la maman voit le macaron que je lui ai rapporté...

Attendez que la maman voit le macaron que je lui ai rapporté…

La madame qui chante mal. C’est ainsi qu’elle a été surnommée par ma nièce de cinq ans, fan des premières heures de Lisa LeBlanc, faisant honte à sa mère en chantant Ma vie c’est d’la marde à tue-tête dans la cour d’école. Sacrée marraine je fais, initiant ma jeune ouaille précoce aux plaisirs de l’indé.

Mais le surnom se veut affectueux, et réussit en fait à dresser un portrait naïf du phénomène de Rosaireville, qualifiant tant la voix éraillée que le pittoresque patois franglais.

Mais la madame a aussi énormément de charme et de fougue. Sa présence espiègle sur scène est contagieuse et donne aux textes humbles et souvent humoristiques une force d’impact convaincante.

Dès les premières notes de J’pas un cowboy en ouverture, en passant par Aujourd’hui ma vie c’est d’la marde, à mes préférées Cerveau ramolli, Motel et Chanson d’une rouspéteuse, l’auteure-compositeure-interprète est dans son élément, en parfait contrôle.

Lisa LeBlanc dans son élément

Lisa LeBlanc dans son élément

Ce n’est que s’aventurant dans le nouvelles chansons qu’elle montre un peu de fragilité. Symptomatique d’une chanteuse qui aura à se redéfinir en tant qu’artiste, au-delà de Rosaireville? Sans doute un peu.

Un duo du tonnerre Garoche ta sacoche

Un duo du tonnerre Garoche ta sacoche

Par ailleurs, il bien connu sur ce blogue que larmes et frissons constituent mes marqueurs d’appréciation de prédilection. Or avant même que la vedette de la soirée ne foule les planches, les larmes avaient coulé à flot. Des larmes d’une origine différente que d’habitude toutefois, des larmes du rire de bon cœur. Un véritable torrent, gracieuseté de la première partie Garoche ta sacoche. Le duo folk comique composé de Cynthia et Sonia a pris la foule par surprise par une performance incroyablement désopilante. Des textes hilarants et une prestation pince-sans-rire savoureuse. Une belle découverte. Tiens, une nouvelle chanson pour contaminer la petite:


Contemplation

Montréal, le 8 février 2013

Philippe B et Avec pas d’casque
@ Église St-Jean-Baptiste

Près d’une semaine plus tard, tout aura sans doute été dit. De la frénésie générée par l’annonce du concert, à l’acclamation générale posant l’événement comme potentiel happening culturel de l’année à Montréal. Je ne pourrai que confirmer tout cela. J’utiliserai moi aussi tout le champ lexical religieux qu’un spectacle magistral dans l’antre grandiose de l’Église St-Jean-Baptise fait nécessairement surgir. Je n’ai que les impressions d’une mélomane ordinaire à ajouter au portrait.

Les fans indéfectibles d’Avec pas d’casque auront sans doute déjà louangé leur prestation, qui pourtant m’a laissé une grosse déception à soigner à l’entracte. La perspective d’entendre le merveilleux album Astronomie en intégrale avec orchestre m’avait enthousiasmée à tel point que les attentes étaient vertigineuses. Or l’adaptation de la musique folk de Stéphane Lafleur et comparses, effectuée par des arrangements d’apparat, tout simplement accessoires, ajoutaient peu et parfois enlevaient à la beauté délicate des pièces originales. En ajoutant à cela un son étouffé parvenant difficilement à mon banc d’église du dernier tiers, banc rejoint de peine et de misère après une longue attente sous les vents de la tempête que mon billet soit tranquillement scanné par un hip-cerbère armé d’un iPhone, la déception était effectivement grande.

En rappel

Un lieu propice

Mais, les critiques l’auront sans doute aussi louangé, Variations Fantômes est sans contredit mon album francophone préféré des trois dernières années. En fidèle un peu abattue mais allumée d’une ferveur croyante,  je suis ainsi restée dans l’église dans l’espérance d’une rédemption accordée par le grand prêtre de la soirée, Philippe B. Bien au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, ce dernier m’a littéralement transportée dans un état de contemplation. Contemplation du sublime d’une musique naturellement créée pour orchestre, bonifiée pour l’occasion, agrandie par les lieux, le son miraculeusement multiplié. La parole de l’artiste expliquant l’œuvre, l’illuminant. Trois larmes d’extase à la meilleure pièce la soirée. Imaginez ceci dans le décor de la photo:

L’état de grâce.

Philippe B transfiguré, qu’on le canonise.

À lire aussi sur ce blogue:

Une affaire de famille avec Patrick Watson, le passage d’Avec pas d’casque au FEQ 2012.


Ce je-ne-sais-quoi

Québec, le 18 janvier 2013

Folly and the Hunter et East Road @ Le Cercle

Le grand frisson musical vous connaissez? Je lisais cette semaine qu’il survient dans ces moments intenses où la musique stimule à grands coups de dopamine le système de récompense de notre cerveau. Le même que pour la drogue. S’ensuit l’addiction. Personnellement, je retrouve mon fix surtout dans la musique live, évidemment.

D’où l’impression de manque qui s’installe à chaque année à la même période. La pause des Fêtes, la lente reprise en janvier. J’avais donc bien hâte de retrouver mon fidèle distributeur de quartier, Le Cercle. Folly and the Hunter constituait la première livraison. Une petite pilule à la saveur pop-folk qui malheureusement ne m’a pas fait planer.

Folly and the Hunter ouvrant la saison au Cercle

Folly and the Hunter ouvrant la saison au Cercle

Le grand frisson musical est effectivement un buzz élusif, capricieux. Des mixtures mystérieuses le provoquent. Le groupe de Montréal, malgré de charmantes harmonies vocales et quelques belles envolées, manquait d’un je-ne-sais-quoi. D’une touche supplémentaire de personnalité sans doute. D’un peu plus d’émotion dans la voix. De ces mouvements magiques dans les compositions, senti dans le fait que la meilleure pièce de la soirée ait été le cover de I Was Only Going Out de Loney Dear. Cependant, Moth in the Porchlight, le premier extrait, et Tragic Care, la chanson titre du second album à paraître de Folly and the Hunter, démontraient que le meilleur est sans doute à venir. Le groupe a de bons ingrédients, mais se doit de trouver comment les mettre en valeur, les rehausser.

En première partie, East Road, trouvé à la dernière minute, a rempli sa part du contrat. Une belle énergie d’entrée de jeu, l’effet s’est étiolé dans la prestation un peu bipolaire, le folk se transformant en un blues country tendance lourde. La première personnalité réussit mieux au trio. Un peu moins de reverb et une steel guitar amélioraient sans doute le cocktail.

Le groupe East Road assurant la première partie

Le groupe East Road assurant la première partie

Une petite dose d’appoint pour éviter le manque, donc. Les grands frissons se feront encore attendre.


Faves 2012

Enfin compilés!

Les Faves sont désormais un classique sur ce blogue. Voilà que mes préférés de l’année 2012 ont leur page à eux.

Concerts 2012

Bonne lecture et bonnes découvertes!